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Pourquoi réformer le système de santé en Chine

À l'heure où la Chine passe rapidement d'une économie planifiée à une économie de marché, les établissements de santé urbains sont aux prises avec une hausse des coûts et un système de prestation des soins désuet qui limitent l'accès aux services. La tendance actuelle étant à la migration massive vers les villes et vu les millions de mises à pied occasionnées par les faillites ou les restructurations d'entreprises, les gouvernements locaux et les sociétés publiques doivent batailler pour payer les régimes d'assurance-maladie. 

Des millions de Chinois voient ainsi leur échapper des services sociaux dont ils devaient pourtant bénéficier du berceau au tombeau. Cinquante pour cent des résidants des zones urbaines vivent sans assurance médicale et, parfois, ceux qui en ont doivent attendre des mois avant que leurs dépenses ne soient remboursées. Chen Bowen, de l'Institut de pédiatrie de la capitale à Beijing, rapporte que 56 % des habitants de la ville sont insatisfaits du système actuel. En outre, 84 % des gens estiment qu'il est difficile d'obtenir de l'aide médicale. Le ministère de la Santé signale que 
41 % des citadins ne peuvent obtenir de traitements médicaux lorsqu'ils sont malades. 

La hausse des coûts

Entre-temps, les coûts liés aux soins de santé augmentent rapidement. Les hôpitaux n'arrivent à respecter leur budget, et encore en partie seulement, qu'en vendant des médicaments et en faisant payer les tests de diagnostic. Le Dr Chen affirme que les médecins abusent du système en prescrivant plus de médicaments qu'il n'est nécessaire et en faisant des tests superflus afin d'arrondir leurs revenus. Le compagnies pharmaceutiques, sachant que le revenu des médecins est peu élevé, leur offrent des stimulants pour les inciter à vendre plus de leurs médicaments. Le Dr Chen voudrait que le revenu des médecins soit fonction du nombre de leurs consultations, comme c'est le cas dans les deux centres de santé communautaires (CSC) qu'il supervise. 

La hausse des coûts est aussi attribuable à la mauvaise répartition des ressources. Les grands hôpitaux sont sur-utilisés alors que les petits hôpitaux communautaires et les cliniques populaires ne sont presque pas fréquentés. Le Dr Chen souhaite que le système actuel, à trois niveaux, n'en comporte plus que deux : des CSC où des généralistes répondent aux besoins de la collectivité en matière de santé et les hôpitaux ordinaires où des spécialistes peuvent traiter les cas graves. 

Le recouvrement des coûts

Selon le Dr Chen, les CSC pourraient au moins faire leurs frais si les résidants étaient informés des avantages qu'ils présentent. Ainsi, pour inciter les gens à faire appel au CSC, une nouvelle politique nationale a été adoptée afin de rembourser aux patients assurés une part plus importante de leurs frais médicaux s'ils se font soigner dans un CSC au lieu d'aller à l'hôpital. Qui plus est, le prix des consultations est moins élevé dans un CSC que dans les grands hôpitaux et celui des médicaments est conforme aux directives émises par l'État. Même si les frais de service sont moins élevés, Wang Guan Bao, directeur de l'hôpital de Zhongguancun, souligne qu'en 2000, le revenu brut du CSC de 
Zhongguancun se chiffrait à 50 millions de yuans (une augmentation de 10 millions de yuans par rapport à l'année précédente) : assez pour soutenir les activités du Centre de santé. 

Michael Dobie



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