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CRDI: Ressources: Catalogue: Modern and Traditional Irrigation Technologies in the Eastern Mediterranean


Introduction

Özay Mehmet et Hasan Ali Biçak


Une crise de l’eau menace plusieurs régions du monde, en particulier le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Les études présentées dans cette compilation adoptent une approche multidisciplinaire pour traiter de cette crise et examinent principalement le rôle des techniques d’irrigation modernes et traditionnelles dans ce contexte. À l’origine, ces études avaient été préparées pour le Deuxième Colloque régional sur la gestion de l’eau, qui s’est déroulé du 2 au 4 avril 2000, à l’Université de l’Est méditerranéen, en Chypre du Nord. Organisé par l’Université, le colloque a bénéficié du parrainage du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada et le ministère de l’Agriculture et de la Foresterie de la République turque de Chypre du Nord (RTCN).1 La présente compilation d’études est la suite d’une compilation précédente publiée par le CRDI dans le sillage d’un colloque tenu à Ottawa, en octobre 1997.2

L’un des principaux objectifs du Colloque était de réunir de l’information sur les méthodes d’irrigation traditionnelles et modernes du secteur de l’agriculture dans l’Est méditerranéen. Nous avons donc examiné, au cours du colloque, plusieurs études de cas et rapports locaux de pays qui s’intéressent aux technologies d’irrigation et de de réutilisation et de conservation des eaux usées. Comme le Colloque d’Ottawa, celui de l’Université a réuni des experts de diverses disciplines, de sorte qu’on a pu échanger des idées et des conclusions de recherche provenant de disciplines variées comme l’économique, l’hydrologie, l’agronomie, le génie et l’environnement.
 

Gestion de la demande en eau

Après la cérémonie d’ouverture, présidée par l’honorable ministre de l’Agriculture et de la Foresterie de la RTCN, le Colloque a débuté par un discours-programme du professeur Hamdy qui a discuté du défi qui se pose pour les planificateurs et les gestionnaires des ressources hydriques à la fin du XXe siècle, dans le monde et dans la région méditerranéenne. M. Hamdy a fait valoir que, même si la quantité d’eau disponible dans chaque pays demeurait constante, la demande continuerait d’augmenter régulièrement à moyen terme. La difficulté est donc de trouver un équilibre entre la demande et l’offre d’eau dans ces circonstances.

Certains des facteurs qui contribuent à la crise de l’eau sont évidemment l’évolution démographique, en particulier l’explosion des populations urbaines, la mauvaise gestion des ressources hydriques, le déséquilibre structurel entre la demande en eau et les ressources disponibles et le manque d’information sur ces ressources. Pour maîtriser cette crise, il est indispensable d’arriver à une gestion efficace de l’eau, mais il faut aussi tenir compte des problèmes suivants : les principes de la gestion de la demande agricole en eau, le rôle des incitatifs économiques, le prix de l’eau et le recouvrement des coûts, l’amélioration des technologies d’irrigation et de conservation de l’eau, et les méthodes d’optimisation de l’eau pour les cultures, le calendrier d’irrigation et la réaffectation des eaux d’irrigation à des cultures à fort rapport économique et moins grandes consommatrices d’eau.

Dans l’adoption d’une stratégie de gestion de la demande en eau pour résoudre la crise, il importe d’étudier aussi les utilisations et les pertes d’eau des secteurs de l’eau potable, des industries et de l’agriculture. Une réduction des pertes de transport de 50 p. 100 dans le secteur de l’irrigation et l’amélioration de 45 à 80 p. 100 de l’efficacité des techniques d’irrigation assureraient une économie d’eau de près de 52 000 m3 par année, soit une offre supplémentaire égale à près de 20 p. 100 de la demande actuelle en eau.

L’une des observations les plus importantes du professeur Hamdy tient au contraste étonnant qu’il signale entre la consommation d’eau en Europe et en Méditerranée et au rôle critique de l’agriculture dans les deux cas. Dans l’Est méditerranéen, les techniques traditionnelles d’irrigation par l’inondation sont encore couramment utilisées et entraînent un important gaspillage d’eau. En revanche, les agriculteurs se tournent de plus en plus vers les technologies modernes, en particulier celle de l’irrigation au goutte à goutte. Malheureusement, ces technologies nouvelles exigent d’appréciables investissements en capital et d’importantes dépenses d’exploitation, souvent bien supérieurs aux moyens personnels des agriculteurs.
 

Irrigation au goutte à goutte

À la suite du discours-programme de M. Hamdy, le professeur Osman Tekinel, éminent expert agricole de Turquie, et Riza Kanber ont présenté les résultats d’une série d’expériences approfondies qu’ils ont menées en Turquie sur l’irrigation au goutte à goutte. Avec leur équipe, ils ont travaillé avec des sols, des cultures et des conditions climatiques variés et ont conclu que la technologie d’irrigation au goutte à goutte assurait une augmentation uniforme de l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Plus précisément, ils ont fait la preuve que cette technologie était celle qui donnait le meilleur rendement sur le plan de l’utilisation de l’eau tout en produisant des plantes de qualité supérieure.

Des écarts se manifestent dans les résultats généraux selon la nature des cultures et les régions de Turquie. Ainsi, le rendement des tomates cultivées en serre au moyen des techniques d’irrigation au goutte à goutte a varié selon l’époque de la plantation. Les plantations du printemps ont donné de meilleurs résultats. La méthode d’irrigation au goutte à goutte a assuré une économie d’eau dans des vergers d’orangers et de citronniers vieux de 25 ans, mais ne s’est pas soldée par un meilleur rendement, selon l’étude. Dans le contexte d’une exploitation commerciale de l’irrigation au goutte à goutte, le rendement a augmenté dans une proportion de 27 p. 100 alors que les déchets ont diminué de 5 p. 100 par rapport aux résultats qu’on aurait obtenus avec d’autres méthodes. Le recours à l’irrigation au goutte à goutte a permis d’économiser 50 p. 100 des eaux d’irrigation dans une plantation de bananes. Par contre, dans ce cas, les chercheurs n’ont remarqué aucune augmentation du rendement associée à l’irrigation. Quant à la culture du coton dans la plaine du Bas-Seyhan, à Çukurova, la plaine Harran de la région du Güneydogu Anadolu Projesi (GAP, projet de développement du sud-est de l’Anatolie) et la région de la mer Égée, voilà maintenant dix ans qu’on y pratique l’irrigation au goutte à goutte. Le rendement du coton a augmenté de 34 p. 100 par rapport à ce qu’il était dans la plaine Harran, à l’époque de l’irrigation par rigoles d’infiltration. Bien qu’aucune différence statistique ne soit apparue entre les méthodes d’irrigation (au goutte à goutte, par aspersion et de surface) à  Çukurova, la technique de l’irrigation au goutte à goutte a quand même assuré une économie d’eau de 54 p. 100 et une baisse du rendement de 3 p. 100 par rapport à la méthode des rigoles d’infiltration battues.
 

Le problème de l’eau en Chypre du Nord

Les deux études suivantes présentées dans la compilation traitent du problème de l’eau en Chypre du Nord. Le professeur Korukcu et son équipe y révèlent les résultats d’un projet pilote sur la technologie de l’irrigation au goutte à goutte qu’ils ont mené en Chypre du Nord. Au total, 9 059 ha (48 p. 100) sur un territoire de 187 069 ha est irrigué. La majeure partie des terres irriguées servent à la culture des agrumes (6 363 ha ou 70,24 p. 100) et 84 p. 100 se situent dans la région Güzelyurt (environ 5 344 ha). Les principales sources d’eau qui alimentent l’irrigation en Chypre du Nord sont souterraines et on les retrouve surtout dans la région de Güzelyurt. Par le passé, les agriculteurs de la région ont toujours pratiqué l’inondation pour irriguer leurs vergers. Jusqu’en 1997, seuls 25 ha environ de plantations d’agrumes disposaient de systèmes d’irrigation au goutte à goutte, soit une petite fraction de la superficie consacrée à la culture des agrumes. Depuis, un projet pilote a permis d’étendre l’irrigation au goutte à goutte à une superficie de 1 400 ha.

L’étude du Dr. Ergil a porté sur la pénétration de l’eau de mer salée. Différentes causes sont à l’origine de la contamination des aquifères côtiers par l’eau de mer, notamment le pompage au-delà de la capacité sûre de rendement ou l’excès de pompage à des fins agricoles près de la côte, ou les deux. Le Dr. Ergil a mesuré l’utilisation continue de l’eau de l’aquifère au moyen d’une approche volumétrique (tridimensionnelle) qu’il a appliquée aux équations du bilan d’eau et du bilan de sel, en y intégrant les composantes de l’espace et du temps. À partir de diverses hypothèses techniques et de techniques d’estimation, le Dr. Ergil a établi qu’il restait 1 565 mm3 d’eau douce disponible dans l’aquifère et qu’étant donné les niveaux actuels d’utilisation, cela représentait moins de 50 ans d’exploitation.
 

Gestion agricole intégrée 

L’étude de M. Al-Zabet sur l’utilisation de l’eau en Jordanie a porté principalement sur l’infrastructure d’approvisionnement en eau et sur les travaux d’assèchement et de régénération du sol dans la vallée du Jordan. Il a étudié la gestion agricole intégrée en se servant de la méthode du raffinement télescopique afin d’arriver à une utilisation optimale des terres et à un rendement maximal de la valeur des eaux. Pour les besoins de l’étude, M. Al-Zabet a divisé la vallée du Jordan en quatre zones dont il a étudié les pratiques agricoles saines du point de vue de l’intégration des zones agricoles.

L’étude a montré que, dans la zone 1 (Nord du Shounah) où l’eau abonde et où le sol est de bonne qualité, le terrain est idéal pour la culture des arbres fruitiers et des légumes. La zone 2 (Deir-Alla) se prête particulièrement bien à la culture légumière et la zone 3 (Sud du Shounah) où s’allient un sol pauvre et des ressources hydriques limitées devrait se contenter de l’agriculture en serre. Dans la zone 4 (Ghor Al-Safi), l’étude a démontré que le développement agricole dépendait de la disponibilité des eaux de surface, elle-même liée à la construction de nouveaux barrages sur les avancées d’eau latérales.

La productivité agricole de la vallée du Jordan a subi les effets de plusieurs facteurs restrictifs connexes. Des chercheurs ont dû étudier de nouvelles cultures afin d’arriver à de meilleurs taux de rendement, à une consommation d’eau plus réduite et à une résistance supérieure aux maladies. La région a aussi dû adopter un nouveau système de commercialisation afin d’équilibrer l’offre et la demande de produits agricoles et d’assurer des possibilités de commercialisation régulières aux agriculteurs au lieu de promouvoir une production commerciale de masse. Finalement, la région doit pouvoir compter sur une affectation efficace de l’eau si elle veut arriver à économiser cette ressource et à la redistribuer vers d’autres secteurs vitaux, comme l’utilisation domestique et industrielle. 
 

Gestion de l’offre et de la demande 

Comme le montre M. Amery dans son étude, le Liban est plus riche en eau que ses voisins. M. Amery décrit l’évolution des techniques d’irrigation au Liban et évalue les conséquences écologiques, économiques et géopolitiques nationales de la construction des barrages. Il examine, avec un regard critique, la politique qui veut qu’on se concentre sur les barrages pour grossir les ressources hydriques du pays. Cette politique repose essentiellement sur la croyance du gouvernement qu’à moins de construire un grand nombre de barrages, le pays n’échappera pas à la crise de l’eau. Pour le gouvernement, la construction des barrages s’impose donc comme le moyen de répondre aux besoins en eau des agriculteurs et des citadins libanais. En revanche, le gouvernement ne s’est pas soucié dans la même mesure de la conservation de l’eau, par exemple, par la promotion de techniques d’irrigation modernes et l’adoption d’une méthode plus efficace d’établissement du prix de l’eau. Or, ces questions sont particulièrement justifiées maintenant que la guerre civile est terminée.

Le projet de développement du sud-est de l’Anatolie : les regroupements pour l’irrigation
Les deux études suivantes ont porté sur le mégaprojet turc de développement du sud-est de l’Anatolie (GAP). Cette région est économiquement la plus pauvre du pays, mais aussi la plus riche en eau, puisqu’elle accueille les eaux du Tigre et de l’Euphrate, qui la traversent entre l’Iraq et la Syrie. Ces eaux sont même l’objet de nombreux différends entre la Turquie et ses voisins arabes. Néanmoins, le gouvernement turc a généreusement investi dans le GAP. 

Dans sa présentation sur le GAP, M. Alemdaroglu souligne que le développement durable de la région sud-est de l’Anatolie doit passer par une agriculture irriguée. Depuis 1992, le projet de gestion-exploitation-entretien des systèmes d’irrigation du GAP s’est imposé comme modèle à la région. Le principal objectif du modèle est de fournir un cadre institutionnel et organisationnel qui permet de tirer un maximum de l’agriculture irriguée de la région et d’en assurer la survie financière et environnementale à long terme. Le modèle proposé repose sur un réseau de regroupements d’irrigation chargés de promouvoir le développement d’un système d’irrigation intégré et durable dans le sud-est de l’Anatolie. 
 

Le projet de développement du sud-est de l’Anatolie : méthodes d’irrigation

Dans une étude connexe du GAP, Mme Kibaroglu discute aussi du projet de gestion-exploitation-entretien. En particulier, elle examine en profondeur les méthodes d’irrigation de rechange mises à l’essai dans la plaine de Sanliurfa, sur un territoire de 3 131 ha, pour en comparer les économies d’eau. Au nombre des méthodes examinées figuraient les réseaux de canalisations sur pieds, l’irrigation à basse pression et l’irrigation pressurisée. Les caractéristiques du sol et de la topographie de la région soumise aux essais correspondaient à la moyenne des aménagements hydro-agricoles du GAP. On a donc appliqué aux autres aménagements de la région les solutions techniques élaborées pour la zone soumise à l’essai. On a ensuite pu étudier dans l’environnement agricole réel les mérites techniques, économiques et opérationnels de diverses pratiques de gestion des eaux. 

En Turquie, l’irrigation par gravité, au moyen de réseaux de canalisations sur pieds standard, est la méthode d’irrigation la plus couramment utilisée dans les vastes étendues agricoles qui peuvent aller de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d’hectares. Cependant, sur la lancée des résultats provisoires obtenus dans la région du projet pilote, la société turque des travaux hydrauliques (STTH) a commencé à bâtir, sur environ 125 000 ha dans la région du GAP, un réseau d’irrigation à basse pression composé de tuyaux enfouis dans la terre et doté d’un système de commandes en aval. Cette société d’État est responsable, entre autres, de la conception et de la construction des installations d’irrigation. Quand les projets d’irrigation du GAP seront terminés, 35 p. 100 des zones d’irrigation de la région pourraient être équipées de tuyaux d’irrigation pressurisés. En outre, pour vraiment tirer avantage d’un système pressurisé étendu à la totalité de la région du GAP, la STTH a commencé à installer des systèmes d’irrigation à basse pression à la californienne dans les aménagements hydro-agricoles en construction. L’irrigation par tuyaux à basse pression est techniquement faisable dans la région du GAP. Le rendement, sur le plan de l’adduction et de la distribution des systèmes à base de tuyaux enfouis à basse pression peut atteindre 90 p. 100 contre 50 à 60 p. 100 pour les canaux en terre. Les systèmes de tuyaux enfouis à basse pression empêchent les pertes associées à l’infiltration et à l’évaporation.

L’utilisation la moins risquée possible pour la santé des eaux usées à des fins d’irrigation 
Le Colloque de l’Université a aussi consacré une attention appréciable aux moyens de conservation et de recyclage des eaux présentant le moins de risques possible pour la santé. La dernière étude, présentée par Israël, revêt à cet égard une importance particulière puisqu’elle examine les technologies de pointe dans ce domaine.

Le prof. Oron y décrit un projet de recherche intégrée en cours sur les méthodes de traitement, d’élimination et de réutilisation des eaux usées qui présentent le moins de risques pour l’environnement et la santé. Pour l’étude, l’équipe de chercheurs s’est servi d’eaux usées secondaires d’origine domestique dans des systèmes d’irrigation conventionnelle de surface au goutte à goutte et d’irrigation perfectionnée souterraine au goutte à goutte dans le cadre de cultures diverses. Avec le deuxième type de système, le sol joue le rôle d’un biofiltre complémentaire qui s’ajoute au traitement conventionnel des eaux usées d’origine domestique.

Jusqu’à présent, l’étude du prof. Oron a donné des résultats intéressants sur le terrain. En particulier, elle a démontré la supériorité des rendements associés au deuxième type de système. Outre les résultats favorables enregistrés dans la production, cette méthode d’irrigation diminue les risques pour la santé et l’environnement, en plus de réduire au maximum les contacts avec les effluents évacués dans les activités agrotechnologiques de surface. Par ailleurs, les résultats montrent qu’il n’y a pas de contact direct entre le feuillage des plantes et des fruits en surface et l’effluent. Enfin, le filtrage de l’effluent a fait qu’on n’a relevé aucun problème spécifique d’encrassement des tuyaux goutteurs.
 

Résumé

La réunion de scientifiques et de chercheurs internationaux au Colloque de l’Université de l’Est méditerranéen a permis de faire connaître certaines des dernières découvertes réalisées dans la gestion des ressources hydriques dans l’Est méditerranéen. En tant que responsables de la publication, nous sommes très reconnaissants d’avoir pu participer à cette merveilleuse expérience et remercions tous ceux qui y ont contribué en nous faisant part des résultats de leurs travaux et en permettant qu’ils soient ainsi mis à la disposition de la communauté plus vaste des décideurs et des chercheurs. Inutile de préciser que ce Colloque n’est pas une fin en soi. En fait, nous espérons de tout cœur que la présente compilation sera suivie d’autres contributions au domaine de la coopération et de la gestion des eaux dans les pays de l’Est méditerranéen, particulièrement touchés par la crise mondiale de l’eau. Au Colloque, les participants se sont entendus pour que le prochain, qui aura lieu au siège social régional du GAP à Sanliurfa, en Turquie, porte sur les dimensions humaines et liées au capital social des projets d’irrigation et de développement régional dans l’Est méditerranéen.
 


1 Nous aimerions exprimer nos remerciements personnels à tous les organismes qui ont généreusement parrainé ce colloque. Nous tenons aussi à signaler les contributions de plusieurs étudiants diplômés et du personnel de soutien de l’Université de l’Est méditerranéen qui se sont occupés des dispositions à prendre localement.. [retour]

2 David B. Brooks et Özay Mehmet. Water balances in the Eastern Mediterranean, CRDI, (2000), Ottawa, ON, Canada. [retour]


 
 

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